Continuer ses études ou faire une thèse après son école d’ingénieur

Comme je l’ai dit dans l’article 7 conseils pour bien choisir son école d’ingénieur, après l’école d’ingénieur nous pouvons soit préparer un autre diplôme permettant de se spécialiser dans un domaine technique ou humain, soit faire une thèse.

Nous allons voir tout cela en détail 😉

 

La préparation d’un nouveau diplôme

 

Bien que ça ne représente pas la majorité des jeunes ingénieurs, il y a une proportion non négligeable qui continue à squatter les bancs de l’école.

Les raisons peuvent être multiple :

  • Envie de se perfectionner dans une branche précise de notre domaine de spécialité,
  • Envie d’élargir ses compétences et savoir-faire dans le but d’être pluridisciplinaire,
  • Envie de manager et donc de ne pas faire de technique,
  • De préparer son dossier pour la création de sa start-up
  • Ou tout simplement se donner une année pseudo-sabbatique à réfléchir sur la suite de sa carrière professionnelle ou à sa vie tout cours en gardant son statut étudiant et en apprenant de nouvelles choses pouvant être exploitable soit au prêt d’un futur employeur ou pour soi-même,

 

Bref, autant de raisons qu’il y a de personnes empruntant ce chemin-là.

Même si ça peut être utile de préparer un autre diplôme pour être encore plus qualifier, il y a des avantages et désavantages qu’il faut tout de même mettre en évidence.

 

Les avantages

 

Déjà poursuivre ses études permet de profiter de cette douce liberté estudiantine. Je m’en rends bien compte que les étudiants, malgré les révisions à faire, ont un peu plus de liberté que les salariés ainsi qu’un peu plus d’insouciance.

 

Ensuite, comme je l’ai expliqué dans l’article Les études supérieurs : une aventure humaine le choix d’un métier ou d’une formation est fait très tôt dans notre vie et sans connaitre réellement le monde du travail ou la vie, tout court. Se poser un an pour se recadrer, se resourcer et savoir ce qu’on souhaite vraiment faire de sa vie et de ses dix doigts est tout à fait normal et légitime !

 

A contrario, quand on a une idée très claire de ce qu’on souhaite faire et que préparer un autre diplôme permettrait de faciliter ou d’améliorer l’ascension du chemin, c’est une voie à choisir, c’est certain ! D’ailleurs, et je ne le redirai jamais assez, pouvoir être pluridisciplinaire est une belle corde à son arc ! Si vous avez fait des études d’électronique ou de mécanique ou encore de mécatronique (jonction entre la mécanique et l’électronique) et que vous voulez vous spécialiser dans le biomédical, passer et avoir un diplôme médical est un atout indéniable et montre votre intérêt et votre dévouement personnel pour ce secteur qui ne peut être que reconnu par un futur employeur. Il y a d’autres exemples, un que j’ai cité plus haut : si vous voulez être dans le domaine de la mécatronique mais que vous n’avez pas pu ou pas voulu entrer dans une filière de mécatronique en début de cycle d’ingénieur, vous pouvez faire une année ou deux dans le domaine où il vous manque des connaissances, expériences ou diplômes reconnaissant votre savoir-faire.

 

Il y a aussi dans la même philosophie que précédemment mais pas d’un point de vue technique l’apprentissage de nouvelles compétences non-technique tel que le management pour ne citer que celui-là. C’est une voie que propose les écoles IAE (Institut d’Administration des Entreprises). Mais je dois tout de même vous prévenir d’une rumeur qui m’était parvenu à propos de ce chemin-là. Certains employeurs sont assez réticents à embaucher des ingénieurs ayant suivi les cours de l’IAE car une bonne partie d’entre eux souhaitent créer leur propre entreprise. Il faut donc se renseigner au préalable si le taux d’embauche est correct et des éventuels risques (mais aussi avantages) encourus.

 

Et cela me permet de faire une excellente transition vers les inconvénients de la poursuite d’étude après le diplôme d’ingénieur.

 

Les inconvénients

 

Déjà, le fait de se spécialiser peut être un frein durant la carrière professionnelle : au début pour se trouver un emploi et en cours dans le cas d’une baisse d’intérêt pour le métier en lui-même mais aussi en cas d’une disruption du domaine.

Pour relativiser ce désavantage, il faut tout de même se rappeler qu’un ingénieur a pour vocation d’être flexible sur le domaine qu’il travaille.

 

Ensuite, poursuivre ses études peut aussi servir à rien ou être un frein dans le début de sa carrière : s’intéresser à tout, être curieux est non seulement bénéfique mais permet aussi d’éviter de ne pas devenir un ingénieur complaisant mais peu aussi venir empêcher de passer à l’action en entrant sur le marché du travail.

 

Et enfin, il n’y a pas d’argent qui rentre tous les mois : il faut donc que soit les parents suivent soit continuer ou faire des petits boulots …

… ce qui n’est pas nécessaire en faisant une thèse puisqu’on est payé.

 

Avant de passer à la seconde partie de cet article, après cette magnifique transition, je vais tout de même dire deux trois choses importantes.

 

Aparté

 

Quand on veut devenir manager, il est tout de même nécessaire de posséder des compétences techniques minimales et d’avoir un savoir-faire basique. C’est pourquoi ces études post-école d’ingénieur et notamment les formations managériales peuvent servir à rien. Après, et c’est comme tout, si la technique vous rebute, les grandes entreprises – la plupart du temps – propose des formations d’alternance pour le management. C’était le cas pour une des élèves de ma promotion qui a réussi à obtenir un tel accord. Bien entendu, ce genre de choses ne se présente pas au coin de chaque rue mais c’est une possibilité qui est tout à fait possible et je tenais à vous la présenter.

Et puis les formations pluridisciplinaires sont très intéressantes que ce soit pour continuer dans le public ou le privé. J’ai parlé plus haut d’avantages plus axés employabilité mais il en existe d’autres. J’ai le cas d’un ami de promotion qui était à fond dans l’intelligence artificielle durant les trois années. D’ailleurs, il a fait son stage de fin d’étude à la Silicon Valley. Sa feuille de route avant son stage était de revenir en France et suivre des cours de neuroscience pour approfondir ce sujet-là afin de le transcrire dans les IAs. Pour ensuite faire une thèse.

C’est autant de parcours atypique qui peuvent vous servir à mieux définir votre parcours.

 

La thèse

 

La thèse n’est pas à proprement parler une poursuite d’étude bien qu’on y apprenne à devenir chercheur et à se spécialiser dans un domaine assez précis de sa spécialité d’origine. Comme je l’ai dit avant mon aparté, quand on fait une thèse nous sommes payés qu’on fasse notre thèse dans le public ou le privé.

Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques et administratifs, mais si vous faites votre thèse dans le public il y a deux chiffres à avoir en tête : 1300€ et 1600€. Ce sont des salaires que perçoivent les doctorants dans le public. En général les directrices et directeurs de thèse essayent de faire en sorte que leurs thésards puissent toucher 1600€ qui demande généralement une petite contribution de la part de ces derniers : encadrer des travaux dirigés (TD) et travaux pratiques (TP).

Dans le privé, on peut faire ce qu’on appelle des thèses CIFRE où non seulement le salaire est plus conséquent – à hauteur de 2000€ net par mois au minimum – tout en ayant les avantages d’être en entreprise tel que le CE (Comité d’Entreprise), le CET (Compte Epargne-Temps) pour avoir une rémunération en contrepartie des jours de congés non-pris, d’une expérience entreprise jouant pour le salaire post-thèse, etc.

 

Bon, c’est bien beau tout cela mais dans quel cas faire peut-on faire une thèse et est-ce si important que ça ?

 

L’impact bénéfique d’une thèse

 

Faire une thèse permet d’acquérir le diplôme de doctorat et le fameux PhD (Philosophiae doctor) qui est reconnu à travers le monde – et surtout dans les pays anglosaxons et en Allemagne –contrairement au diplôme d’ingénieur français.

Le corolaire de ce point est que c’est un bac+8 et donc un salaire plus élevé d’un simple ingénieur, en principe.

Les autres avantages d’une thèse sont bien entendu la spécialisation dans une partie de son domaine, des connaissances scientifiques poussées et un apprentissage qui continuent via les modules doctoraux : en France pour obtenir son diplôme de docteur il faut avoir fait au moins 100h de modules doctorales, modules qui peuvent aller de cours scientifiques plus pointu à des cours d’anglais, des cours de développement personnel, de prise de parole et autres.

Un autre impact important d’une thèse est le fait de faire avancer la science, au moins un peu.

 

Il y a un point qui est crucial à connaitre : dans certaines spécialités, il est obligatoire de passer par une thèse pour être employable du fait des technologies de pointe mis en œuvre. Comme je l’ai pu laisser entendre dans la première partie de cet article, rien est impossible à qui sait se donner la peine de rechercher les bons tuyaux et qui ne ménagent pas ses efforts. Mais la thèse reste tout de même un chemin royal.

 

Mais la thèse a ses contraintes qui en rebutent plus d’un.

 

Les aspects désagréables de la thèse

 

Entre la réécriture multiple d’articles scientifiques mais aussi du mémoire de thèse, un salaire – dans le cas d’une thèse dans le public – qui n’est pas au niveau d’un bac +5, d’un sacrifice personnel non négligeable, d’une maigre reconnaissance dans le milieu industriel ou d’une faible possibilité d’être pleinement embauché dans la fonction publique, sont des aspects désagréables parmi tant d’autres de la thèse avec la frustration qui est partie prenante des recherches : le fait de ne pas trouver ce qu’on cherche est très désagréable !

 

Mais il y a un point qui faut bien faire attention quand on commence une thèse : si on veut l’arrêter en cours de route, il peut être très difficile de le justifier auprès d’un futur employeur. C’est tout à fait possible et il faut même mieux arrêter la thèse si on se rend compte que le sujet ne nous plait pas ou qu’il y a un problème avec son encadrement académique. Mais c’est un point où il faut faire très attention surtout qu’en général le monde de la science est petit : tous les membres d’une communauté scientifique se connaissent plus ou moins entre eux et un coup de téléphone ou d’e-mail est très facile de nos jours.

 

En conclusion

 

Je ne peux pas me substituer à votre place pour choisir ce qu’il faut faire d’autant que les conseilleurs sont rarement les payeurs.

Cet article se situe dans la série des articles sur comment bien choisir son école d’ingénieur bien que j’en ai que très peu parler.

En réalité, c’est d’une importance capitale ! Il ne faut pas hésiter à regarder les statistiques de l’école sur l’insertion de ses jeunes diplômés et ce qu’ils font. C’est déjà un bon début. Ensuite, ce genre de question de continuer ou pas les études ou faire une thèse se posent en général en cours de cursus : demander des renseignements aux responsables de départements peut toujours servir ainsi qu’utiliser le réseau des anciens élèves.

Bref, c’est un choix très compliquer qui tracassent énormément d’élèves en fin de 4ème année et, surtout, de 5ème année.

Mes deux conseils que je veux vous donner sont les suivants : premièrement vous n’êtes pas seuls, c’est important de le dire et redire car nous avons tendance à le croire qu’on est seul ou qu’aucune autre personne n’a été dans le même cas que nous, c’est une erreur ; et mon second conseil est de lire cet article pour être zen. Les méthodes et conseils que j’y donne peuvent tout à fait servir dans ce cas et notamment l’habitude n°2 : savoir demander de l’aide.

 

Portez-vous bien,

Christophe.

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