Ingénieur : la réalité dernière le mythe

Bon, c’est bien beau tout ce que j’ai dit dans les 5 articles précédents sur l’ingénieur et les moyens pour y parvenir mais entre le mythe et la réalité, il y a un monde de différences !

Je vais donc vous parler des problèmes que peuvent rencontrer les (jeunes) ingénieurs.

 

1 – Le réseau

 

Le réseau est un des problèmes fondamentaux de l’ingénieur (mais c’est aussi vrai pour les autres métiers !).

Certains donnent même un nom familier au réseau : le pistonnage.

 

Et oui, en fonction de quelle école vous venez, vous aurez plus ou moins de chance d’être pris à un poste ou non.

Un simple exemple, les polytechniciens (ceux qui ont fait l’école X) sont très solidaires entre eux. Cela commence dès le début en permettant aux élèves d’être logé dans un appartement classique à faible prix ! Et bien entendu c’est réservé qu’aux polytechniciens ! Ces types d’appartements sont repris (achetés) par les nouvelles générations.

Cela va même plus loin. Il y a des postes réservés que pour les polytechniciens ou les ingénieurs ayant fait les mines de Paris ! Dit autrement, ceux qui décident qui doit avoir un poste ayant fait ce genre d’école privilégient les personnes ayant fait leur école. C’est notamment vrai pour l’ensemble des entreprises ou instituts ayant un lien fort avec le gouvernement.

 

Mais de manières plus générales, c’est vrai pour toutes les écoles : quand vous avez fait une école, vous faites partis de la famille.

 

Ici je ne vous ai parlé que d’une partie du réseau mais c’est un concept bien plus large pour l’ingénieur qui dépasse le sujet de cet article. J’en reparlerai plus tard ?

 

2 – Les réunions

 

Le fléau des entreprises : les réunions. Si vous êtes ingénieurs, je pense que ce genre de choses ne vous a pas échappé : les réunions interminables où on parle mais pendant des heures pour prendre des décisions qui seront rediscutées lors d’une prochaine réunion car untel n’a pas été présent lors de la première réunion et avait son mot à dire. Les réunions où tout le monde est d’accord pour faire des actions mais personne ne prend le courage de les faire.

Si vous êtes élèves-ingénieurs, préparez-vous à en avoir. Ça va faire drôle !

Pour les indécis qui ne savent pas s’ils vont faire des études d’ingénieurs, bah les réunions est ce qui lies toutes les entreprises donc vous n’y échapperez pas !

 

Le problème des réunions c’est le principal travail des managers et comme il faut les occuper il faut donc faire des réunions …

C’est un peu mesquin de dire cela et c’est la phrase type de l’ingénieur de type technicien qui préfère travailler plutôt que de passer 2 heures en réunions où la productivité est nulle voire même négative !

 

Une bonne réunion ne doit pas durée plus d’une heure et encore, une heure c’est beaucoup !

 

3 – Les open-spaces

 

Ah, les joies des open-spaces ! C’est un terme anglais qui signifie, mot à mot, espace ouvert. Un open space est une salle avec plein de bureau de travail et où l’intimité n’est pas la bienvenue.

On pourrait croire que c’est un endroit calme et que les chefs d’entreprise ont décidé de mettre en place des open spaces pour que les ingénieurs travaillent plus et ne se relâche jamais car tout le monde peut voir si tu as l’air de travailler ou pas. Mais ce n’est pas tout à fait cela qui se passe.

En réalité, dès qu’une personne n’a pas envie de travailler et parle à un autre de ces collègues et qu’ils commencent à parler : c’est le début d’une mini-pause discussion de 5 minutes si ça ne se finit pas en un lancé de petites balles et autres jeux de ce gout-là !

La seule chose de bénéfique aux open spaces c’est le gain d’espace…

 

4 – Les horaires

 

C’est un peu un corolaire du dernier point. Un ingénieur est un cadre et doit donc faire des heures : le fameux 9h-19h quand ce n’est pas le 8h-20h ! D’où cette blague, de mauvais gout quand tu quittes le boulot à 17h ou même 18h : tu as pris ton après-midi ?

Le problème est que si tu veux réellement faire 7 heures de travail effectif, un ingénieur doit quitter tard le boulot.

En effet, il y a une heure de pause-café par jour (en moyenne) : une demi-heure le matin et une demi-heure l’après-midi. A cela on ajoute l’heure du repas plus l’ensemble des distractions lors de la journée avec les discussions dans l’open-space (et sans compter les réunions ?), il y a donc en moyenne, une fois encore, entre 2 et 3 heures de pauses dans une journée. Donc si vous faites 9h-19h soit 10h au boulot, vous faites dans le meilleur des cas 8h de travail effectif. Mais d’après mes observations empiriques, on oscille plus entre 6 à 8 heures de travail par jour.

Personnellement, quand j’ai fait mon stage d’ingénieur de fin d’étude je ne travaillais pas à 100% dans un open space et donc je faisais de grosses journées de boulot. Mais depuis que je travaille entièrement dans un open-space je vois bien que mon rythme de travail est différent.

 

Mais de toute manière, un cadre n’a pas d’horaire, c’est bien connu !

 

 

5 – Le travail

 

Un ingénieur ne peut pas faire ce qu’il veut, en tout cas s’il est salarié d’une entreprise ou s’il n’a pas assez de pouvoir.

Quand vous avez suffisamment d’expériences vous développez une sorte de sixième sens pour savoir ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire comme projet ou comme solution à apporter aux projets. Le seul petit problème c’est que ce genre de décisions sont prises lors des … réunions ! Et oui, les revoilà !

Et donc, en général il y a un gap entre votre point de vue d’ingénieur technicien et les managers, le marketing et les dit-experts.

 

J’ai déjà tapé sur les mangers donc je passe pour eux.

Les gens du marketing voient la manière dont on peut vendre le produit répondant à une offre ou à un besoin. Et donc, ils veulent soit :

  • Le beurre, l’argent du beurre et la crémière au passage,
  • Une solution dans l’air du temps tel que l’Internet des objets, le deep learning, …
  • Ou les deux à la fois !

 

Et puis il y a les experts. Il y a deux catégories :

  • Les bons,
  • Et les mauvais.

 

J’aurai pu faire la blague du bon la brute et le truand mais je pense que cela aurait fait un peu trop ?

Si dans la réunion il y a un expert compétant et qui sait de quoi il parle, la décision qui sera prise peu potentiellement être mauvaise ou bonne. Cependant, si ledit expert est mauvais (ou un charlatan si vous préférez), il y a de fortes chances que la décision soit mauvaise et les personnes qui doivent rafistoler les mauvaises décisions sont bien entendu les ingénieurs-techniciens.

 

Une des astuces utilisées par les mauvais experts pour se faire voir comme expert est de sortir plein de mots techniques (le jargon du métier, en quelques sortes) à la tout va aux grands chefs pour les impressionnés et leur en mettre plein la vue. Après, attention ! Ce n’est pas parce qu’une personne sort plein de vocabulaires techniques que c’est un charlatan !

 

Il y aurait encore tant à dire sur le sujet mais je souhaitais faire, pour une fois, un article assez court donc j’en resterai là.

 

Si vous avez remarqué vous aussi des problèmes qu’ils soient cités ci-dessus ou non n’hésitez pas à les partager en racontant vos anecdotes croustillantes sur le sujet !

 

En attendant, portez-vous bien et faites attention à vous,

Christophe.

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