Le cas de l’école 42 : une école d’ingénieur ?

L’école 42 fut crée en 2013 par Xanier Niel, entrepreneur français ayant fondé Free un opérateur Internet low-cost.

L’école 42 n’est pas une école d’ingénieur en informatique, pour qu’on se le tienne pour dire. L’école 42 ne délivre même pas de diplôme.

 

Mais alors, pourquoi allez faire ses études à l’école 42 ? En quoi cette école est meilleure ou pire que d’autres ? Peut-on trouver du travail en sortant de cette école ? Et surtout, en quoi cela à un rapport avec l’ingénierie ?

Tant de questions qu’on va tenter d’y répondre dans cet article.

L’émergence d’un besoin et la faillite d’un système

 

Comme je l’ai déjà dit précédemment, l’école 42 a été fondé par Xaniel Niel mais aussi par Nicolas Sadirac qui a crée des écoles privées d’informatique en France. Ces deux individus étaient témoins de facteurs importants de ce début du XXI ème siècle : l’émergence d’un besoin vital d’informaticiens compétant pour créer des logiciels et applications sur le web ainsi que sur les téléphones ; et le système universitaire qui peine à sortir des informaticiens avec les capacités et les attentes des entreprises.

Comme vous pouvez vous y attendre, l’école 42 veut remédier à ce problème.

Attention, ici je ne dis pas que les universités ou écoles d’ingénieur font rentrer sur le marché du travail des incompétents ni que les universités ou les écoles d’ingénieur doivent être relégué au second plan. Que nenni !

Les universités en France sont gratuites, ou presque, et, jusque à très récemment quand j’écris cet article, tout le monde pouvait y aller. Ainsi, l’université propageait ses connaissances, savoir-faire et compétences à tout le monde gratuitement. Cela à contribuer nécessairement à des choix de la part des universités qui nous ont amené là où nous en sommes.

Les écoles d’ingénieur, à mon sens, sont légèrement moins soumis à ce problème pour plusieurs raisons :

  • C’est sur dossier qu’on est admis en école d’ingénieur ; dit autrement, nous décidons d’aller en école d’ingénieur,
  • Pour une majorité d’école, c’est seulement à partir de la 3ème année après le baccalauréat qu’elles prennent leurs élèves,
  • C’est axé entreprise et industrie, en tout cas plus que les universités,
  • Il y a un lien fraternel qui existe entres (élève-)ingénieurs issus d’une même école ou même réseau et permet d’avoir un lien avec le monde de l’entreprise.

 

Mais les écoles d’ingénieur ne sont pas pour tout le monde et sont sélectives. Et surtout il y a un problème majeur : les écoles d’ingénieur sont des écoles et les écoles restreignent la créativité de leurs élèves.

 

Or, ce que veut les entreprises en plus de connaissances et de compétences basiques de la part de jeunes travailleurs, c’est la débrouillardise et de la créativité.

 

L’art d’être acteurs de ses études

 

J’ai déjà parlé des projets libres et ses bienfaits sur l’apprentissage ainsi que l’entreprenariat sur ce blog et l’école 42 met le focus sur ces deux points.

 

Déjà, il n’y a pas de professeurs : les élèves sont seuls en charge de leur éducation. Tel dans une équipe dans une entreprise, la réussite ou l’échec d’un projet revient à l’ensemble des élèves. Et tel dans une entreprise, les élèves doivent apprendre à communiquer entre eux, à être tour à tour celui qui enseignent et celui qui apprend. Cette façon d’enseigner n’est pas révolutionnaire, loin de là ! Avant la loi de Jules Ferry et de l’école pour tous, ça se passait ainsi. L’enseignant donnait un cours puis les meilleurs élèves – ceux qui avaient compris le cours – l’expliquait à celles et ceux ne l’ayant pas compris et ainsi de suite. Ainsi, ceux qui avaient compris le cours et l’expliquèrent aux autres élèves atteigniez un autre stade de compréhension du cours : expliquer quelque chose permet de comprendre les points qu’on croyait avoir compris – bref, ça permet de prendre du recul comme la technique du canard en plastique. Et celles et ceux ne l’ayant pas compris se le faisaient comprendre par les autres élèves octroient les chances de compréhension comme l’ont prouvé maintes et maintes études en psychologie sur les jeunes (cf. Influences et Manipulations de Robert Cialdini).

 

Ensuite, il n’y a pas de notes : tout repose sur l’expérience acquis durant les projets. Les notes sont un système de contrôle d’acquisitions de connaissances et de compétences. Bien que ça a une utilité indéniable, il n’en reste pas moins que ce système a des défauts qui ont tendance à s’accentuer au fil des années et notamment via Internet. L’école 42 propose de passer à un autre système de contrôles d’acquisitions de connaissances et de compétences : l’expérience et la gamification. Le but est simple : rendre attractif, distrayant mais surtout permet de donner à l’apprentissage un aspect ludique : apprendre en jouant ! Là aussi il a des tas d’articles en psychologies et en sociologies mettant en avant les bienfaits de cet apprentissage.

 

Et enfin, il n’y a pas de cursus : chaque élève évolue à son rythme, il peut passer très rapidement sur un sujet qui lui est facile mais rester plus longtemps sur un autre qui lui est plus compliqué. Bref, l’élève est acteur de ses études !

 

En plus de cette nouvelle façon d’enseigner, l’école 42 permet à ses élèves de développer la débrouillardise, le self-made man et la créativité.

 

Faut-il pour autant aller à l’école 42 ? Est-ce le futur de l’éducation ? Peut-on devenir un ingénieur et être employable en sortant de cette école ?

 

42 n’est pas la réponse à tout

 

En tant que fan de science-fiction, je me devais de faire une référence culturelle au H2G2.

Mais bref de bavardage, 42 n’est pas la réponse ou la solution à tous les problèmes et loin de là !

D’abord, l’école 42 est centré sur l’informatique qui permet une bien meilleure autonomie des étudiants que d’autres spécialités car requièrent seulement qu’un ordinateur. Il existe des spécialités d’ingénierie qui ne permettent pas d’un point de vue sécurité, juridique et monétaire, de laisser carte libre aux étudiants H24.

Ensuite, un certain nombre d’étudiant n’ont pas encore la maturité ou l’esprit nécessaire à faire ce genre d’étude. Car, il faut bien le dire qu’il n’y a pas de diplôme de fin d’école. Ainsi ça peut engendrer de l’inquiétude vis-à-vis des étudiants et de leurs familles sur l’après 42 et le premier job.

En réalité, il y a des entreprises, et notamment des start-ups, qui recrutent les élèves issus de 42.

Cette école apprend surtout à programmer, travailler en équipe et à être créatif en apportant de nouvelles solutions aux problèmes qui se poses. Cependant, ça laisse sur le pan de la route bons nombres de connaissances nécessaire à un employé ! Il est vrai que ces connaissances peuvent être acquis par soi-même mais avoir une base issue d’un cours peut être un bon début afin de s’appuyer dessus ou tout simplement prendre connaissances de telles informations.

Et dernier point important, l’école 42 n’est pas considéré comme une voie d’étude et de ce fait, pas de bourse possible ni les avantages des étudiants via la carte d’étudiant ! Il faut prendre en compte cela aussi d’autant plus que l’école se situe à Paris …

 

Et j’aimerai finir sur une dernière note personnelle.

A mon sens l’école 42 peut répondre à un besoin immédiat d’informaticiennes et d’informaticiens ayant des compétences nécessaires afin de répondre aux problèmes d’aujourd’hui et d’inventer demain mais elle a un second rôle qui est de réveiller la montagne qu’est le système universitaire français actuelle.

Free a été un distributeur low-cost d’internet qui a permit de faire chuter le prix des abonnements. Aux Etats-Unis où, à ma connaissance, il n’y a pas eu d’équivalent de Free au début des années 2000, doivent payer plus de 60$ le prix d’un abonnement téléphonique et/ou internet par mois et je ne vous parle pas des forfaits téléphoniques. En France, nous pouvons nous en tirer pour une trentaine d’euros.

C’est sur cette exemple que je me repose pour dire que l’école 42 fait office de stimulant pour les universités et écoles d’ingénieur. Bien entendu, 42 persistera dans le temps, comme Free. Et d’ailleurs 42 se développe dans le monde et notamment à la Silicon Valley : le berceau du numérique avec une école qui ouvrira pour accueillir des élèves du monde entier.

Pour finir, si je dois donner un conseil pour ceux qui souhaite tenter l’aventure 42 ou qui hésitent à la tenter c’est de bien regarder les tenants et aboutissants mais surtout de s’informer sur la piscine et de s’y préparer avant car c’est un bon moyen de savoir si vous voulez coder ou pas plus de 40 heures par semaine ! 😉

 

Restez curieux et portez-vous bien,

Christophe.

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