L’ingénieur et les réseaux sociaux : une relation à haut risque

Les réseaux sociaux sont des outils d’une grande puissance et permet une grande flexibilité pour rester en contact avec nos proches, amis et autres connaissances. Mais comme le disait si bien le regretté Stan Lee, Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Et nous devons donc être responsable de l’utilisation que nous faisons de ces outils. Car au-delà d’impacter notre vie privée, elle peut aussi impacter notre vie professionnelle à plus d’un titre.

 

Les réseaux sociaux et l’ingénieur

 

Vie professionnelle

 

Quand nous sommes fières de notre travail il est normal de le montrer aux autres. Les réseaux sociaux sont donc un bon vecteur de communications. Et ça, certaines entreprises l’ont comprises.

Dans certaines entreprises encouragent la communication des résultats des travaux de la part de ses ingénieurs.

En plus de satisfaire l’envie de l’ingénieur (ou des ingénieurs) ayant fait le produit/service, ça permet de promouvoir l’entreprise et ses produits.

Il est vrai que sur Facebook, Twitter ou Snapchat je n’ai jamais vu d’ingénieurs ayant publié de post en relation avec leurs réalisations au travail, autant que sur Linkedin ou Instagram c’est chose assez fréquent.

En revanche, avant de publier un post, une vidéo ou tout autre format il vaut mieux demander la permission à vos supérieurs au risque d’avoir quelques ennuis avec eux…

 

Si les réseaux sociaux peuvent être une bénédiction, ils peuvent être une malédiction aussi !

Il n’est pas rare de voir soit dans les faits divers soit sur des posts des employés se plaignaiant d’avoir été licencier, souvent pour faute grave, après avoir publié un post qui soit dénigre leur patron, soit montre ou explique un point sensible de l’entreprise qui pourrait lui faire défaut pour les affaires, par exemple.

Je ne vais pas faire une explication sociologique de nos comportements avec les réseaux sociaux ici, mais du fait de la simplicité de diffuser du contenu dans des proportions encore jamais observé jusqu’alors joue un rôle prédominant dans nos habitudes de comportement.

 

Cela va même au-delà de la petite anecdote puisque les RH (relations humaines) vont jusqu’à faire des réunions sur comment l’entreprise doit s’adapter à ce changement de comportement ainsi qu’à la nouvelle génération, qui a grandi avec toute cette dynamique, arrivant dans le milieu professionnel.

Il n’est pas rare que des stagiaires de 5ème année (5A) jouent à des jeux sur le portable ou regardent leurs différents comptes en plein travail ! Je parle de ce cas-là car c’est ce qui m’avait marqué quand j’ai eu une réunion d’information avec ma promotion sur la préparation du stage de 5A où des stagiaires ont failli se retrouvaient à la porte de l’entreprise en plein milieu de stage à cause de ça.

Après, aujourd’hui dans mon travail actuel même si les ingénieurs ne vont pas forcément sur des réseaux sociaux, ils regardent tout de même des sites sans relation avec leurs travails. Mais la différence est qu’ils ne passent pas leurs journées sur ces sites-là.

Donc, il faut se connecter sur les réseaux sociaux avec parcimonie 😉

Vie privée

 

Il faut être vigilent sur notre fréquence d’utilisations des réseaux sociaux au travail mais aussi sur le contenu qu’on peut ou non publier en relation avec ce dernier. Mais l’ingénieur a aussi une vie privée, des loisirs, des amis, une vie sociale, amoureuse. Bref, l’ingénieur est un être humain comme tant d’autres.

Ainsi, entre le fait de faire des recherches cochonnes, vulgaires ou politiquement limite sur les réseaux sociaux, de publier des choses qu’il faut mieux taire ou encore de partager des posts pouvant avoir un mauvais impact sur notre image numérique, on expose tout cela aux yeux du monde entier.

Et cela a forcément un impact à la fois sur notre vie privée que sur notre vie professionnelle.

 

Alors oui nous avons le droit de faire théoriquement [1] ce qu’on veut de notre temps quand nous ne travaillons pas mais dans les faits, nous n’avons pas totalement ce droit.

 

La relation vie privée et vie professionnelle

 

Cette relation, nous la voyons dès le stade du recrutement. Quand les recruteurs ont en main des candidats qui ont été retenu pour passer l’entretien d’embauche, il n’est pas rare, même il est fréquent, qu’ils se renseignent sur l’individus via Internet et son comportement sur les réseaux sociaux.

Mais cela est vrai aussi dans l’autre sens ! Quand j’ai postulé au poste que j’occupe actuellement, je me suis renseigné sur les ingénieurs qui s’y trouvait et notamment ceux avec qui je devais passer l’entretien. Et c’est une source d’informations très intéressante pour la phase question de l’entretien d’embauche.

 

Mais si nous pouvons faire ce genre de recherches pour un simple entretien d’embauche, il est tout à fait raisonnable de penser qu’on peut le faire aussi quand une entreprise va signer un contrat commercial avec une autre entreprise ou entité juridique.

Entre connaitre le comportement extra-entreprise des employés, leurs activités qu’ils peuvent partager sur les réseaux sociaux et les like et commentaires laissés sous d’autres posts, vidéos, articles et autres postcasts est un bon moyen de sonder la qualité et la fiabilité d’une entreprise.

Pour revenir au théoriquement que j’ai écrit un peu plus haut, j’ai notamment signé une charte disant clairement que mes activités extra-professionnelles avaient un impact sur la publicité de l’entreprise et l’image qu’elle peut dégager envers les particuliers, professionnels et commerciaux.

En soi, c’est une restriction de notre vie personnelle même si je n’ai pas changé mon comportement du fait de ma prudence. Bon, j’écris tout de même des articles sur deux blogs mais ça, c’est une autre histoire 😉

 

Et pour un ingénieur, ça a une importance capitale, d’autant plus s’il travaille dans la cybersécurité ou dans le domaine de l’informatique. Une simple petite erreur dans notre vie personnelle un jour où nous ne sommes pas dans une grande forme et qu’on a cliqué malencontreusement sur le mauvais bouton peut entrainer de graves conséquences !

 

Et au-delà de ces aspects peut être un peu trop abstrait, il existe une menace bien présente : si un jour vous avez un problème avec votre moitié et que ce dernier décide de vous pourrir la vie en partageant des contenus très personnelles de vous, cela peut nuire à votre image et entrainer un licenciement ! Alors bien entendu, il y a des lois qui existent pour nous protéger[2] mais quand le mal est fait, on ne peut plus vraiment le réparer.

Et au-delà de votre moitié, toute personne ayant des intentions mauvaises peut vous nuire, faire du chantage, du harcèlement (le cyberharcèlement), …

Il y en a qui sont tombés en dépression quand ils ne se sont pas suicidés.

 

Mes conseils

 

Je vais être assez bref car du fait de l’aspect nouveau des réseaux sociaux et de l’exponentialité des évolutions et des changements de comportements avec le monde numérique fait que mes conseils risquent d’être désuets d’ici 6 à 12 mois ! Je vais donc rappeler deux points qui me semblent important.

 

Prudence est mère de sureté

 

A quoi bon tenter le diable ou jouer avec le feu alors que les risques sont trop importants vis-à-vis des gains qu’on peut potentiellement gagner ?

Toutes données publiées sur les réseaux sociaux, et à fortiori sur Internet, sont conservés plusieurs années, décennies et peuvent même résister à la mort.

Donc si vous n’êtes pas sûr de vous par rapport à un post que vous souhaitez communiquer, partager ou même liker, ne le faites pas et attendez. Demandez l’avis d’autres personnes et laissez vous le temps de réflexion.

 

Ne pas réagir

 

La réaction est le fait de réagir instantanément à un évènement extérieur. Nos réactions sont dû à nos sentiments (fierté, colère, peur, tristesse, joie, …) mais aussi à la mécanique sociale dû à Internet où tout va vite, très vite, trop vite.

Réagir immédiatement à un évènement extérieur n’est que rarement bénéfique et très souvent néfaste.

Un adage dit que la colère est mauvaise conseillère. Moi je dis plus, nos sentiments sont mauvaises conseillères et surtout la colère, la peur et la fierté.

Ce n’est pas parce qu’il n’y a personne quand vous communiquez sur internet autour de vous, que personne ne vous entendra, ne vous lira ou vous écoutera …

 

Sur ce, portez-vous bien, faites attention à vous et sachez utiliser les réseaux sociaux à votre avantage,

Christophe.

[1] En fonction si vous avez un poste à risque, vous pouvez être amené à signer sur un contrat de travail une clause indiquant que vous ne devez pas faire de sports extrêmes. Bien entendu ce genre de contraintes que pose l’entreprise doit avoir une contrepartie tel qu’une prime, une augmentation de salaire ou autres avantages.

[2] A mon sens une loi ne protège pas, en tout cas pas dans ce cas-là du fait que le tors est déjà fait. Elle a plus un rôle de dissuasion et de punition.

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